Comment préparer l’Etape du tour 2022 entre Briançon et l’Alpe d’Huez ?-

L’Etape Du Tour de France, une course amateur sur la trace des pros

L’étape du Tour de France est le rendez-vous annuel de chaque cycliste chevronné. Extrêmement prisé, cet événement a généralement lieu en juillet aux alentours du deuxième weekend du mois. Cette année, la course tombe le 10 juillet. C’est une course amateur, créée en 1993, qui retrace une étape phare de chaque édition du Tour de France. L’objectif de cette course est d’offrir aux cyclistes amateurs fans du Tour de France une journée privilégiée sur une étape qui sera courue par les pros quelques jours après.

Avec plus de 16 000 participants aux différentes éditions, c’est la cyclosportive la plus convoitée au monde. Elle attire plus de 70 nationalités et 35% des participants sont étrangers. L’organisation d’un tel évènement est très complexe, mais c’est justement ce qui fait sa réussite. On compte pas moins de 120 motards sur la course, 500 personnes pour la sécurité du parcours, 4 postes de secours et 5 services d’assistance Shimano.

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Le parcours de l’édition 2022 entre Briançon et l’Alpe D’Huez : un parcours très exigeant

Un parcours avec des cols mythiques et chargé d’Histoire

Profil de l'Etape du Tour 2022

Le parcours de chaque édition est dévoilé en même temps que la présentation officielle du Tour de France qui a lieu en octobre. La plupart du temps, c’est une étape de montagne qui est choisie et très souvent l’étape reine du Tour.

La 30ème édition de l’étape du tour entre Briançon et l’Alpe d’Huez n’est pas un cadeau, mais c’est une étape chargée en souvenirs. Avec 167 kms et plus de 4700 mètres de dénivelé, c’est exactement la même étape que celle du Tour 1986. Même étape où un certain Bernard Hinault s’était imposé pour la dernière étape de sa carrière professionnelle.

Au programme, non pas 1 col mythique, ni 2, mais bien 3 géants du vélo avec le col du Galibier, le col de la Croix de Fer et l’Alpe d’Huez. Pour mieux comprendre ce parcours, il faut couper la course en 5 parties.

Les différentes parties de l’Etape

1ère partie : Briançon – Col du Galibier (36,2 kms). Comme on peut le voir, du départ de l’étape au sommet du Galibier, la route monte sur 36,2 kms. Cela fait fortement penser aux 30 derniers kilomètres de l’étape du tour entre Albertville et Val Thorens. Il faut savoir que le Galibier n’est pas un col très exigeant au niveau de la pente moyenne. Mais physiquement, il faut être capable de supporter l’altitude et autant de montée dès le départ. La gestion dès le début de la course sera la clé d’une bonne ascension des cols.

Profil du Col du Galibier

2ème partie : Col du Galibier – Saint Jean de Maurienne (48,6 kms). Sur près de 50 kms la pente sera négative avec simplement une petite montée de 5 kms pour relier Valloire au col du Télégraphe. Ce sera le moment idéal pour récupérer les forces lâchées dans les 36 premiers kms. En sachant que le départ sera tôt le matin, il faudra bien penser à s’équiper d’un coupe-vent pour cette partie du parcours.

3ème partie : St Jean de Maurienne- Col de la Croix de Fer (29 kms). Le col de la Croix de Fer est un col très long avec 29 kms de montée à 5,2% de moyenne. A regarder le pourcentage moyen du col, on peut penser que c’est un col roulant. Seulement, les 12 premiers kilomètres sont très exigeants avec des pourcentages allant jusqu’à 10,2% ! Il faudra absolument avoir bien tourné les jambes dans la partie descendante car la montée est raide dès les premiers mètres. Malgré une pente moins importante sur le milieu de la montée, il faudra garder de l’énergie pour les 6 derniers kilomètres qui seront également très durs.

Profil du col de la croix de fer

4ère partie : Col de la Croix de fer – Bourg d’Oisans (37,6 kms). Cette partie est la seule à comporter du plat, sur toute l’étape. Il faudra donc bien se nourrir et surtout s’hydrater en prévision de la dernière difficulté du jour, et pas des moindres !

5ème partie : Bourg d’Oisans – Alpe d’Huez (15,6 kms). A cette partie du parcours, tout le monde sera très fatigué et puisera dans ses dernières ressources. L’acide lactique sera fortement présent dans les cuisses mais le mental devra prendre le relais car l’arrivée n’est pas loin. Il est extrêmement important d’avoir assez mangé et bu durant toute la course car c’est ici que tout peut se jouer. En effet, si le beau temps est au rendez-vous, il faudra faire très attention au début de la montée de l’Alpe d’Huez qui est exposée plein soleil. De plus, le début du col est très dur avec un premier kilomètre à plus de 10%. C’est seulement dans les 3 deniers kilomètres que la pente se calme. Mais, une fois arrivé là, atteindre la ligne d’arrivée sera presque dans la poche !

Profil de l'Alpe d'Huez

D’un point de vue global, on peut se rassurer (ou pas) en se disant que sur les 167 kms, il y a environ 86,2 kilomètres de descente et 15 kms de plat. Tout le reste étant de la montée. Cette étape, très longue, avoisine les 5000 mètres de D+. Elle risque d’être très dure pour des cyclistes n’ayant pas pu se préparer correctement. Il sera donc très important de gérer son effort et de partir tranquillement pour accélérer dans la Croix de Fer si la forme est présente !

Comment se préparer à une telle course d’altitude et quel entrainement vélo adopter ?

On l’a vu, le profil de l’étape demande un niveau de préparation très élevé. Avec un sommet à plus de 2600 mètres d’altitude, il faut absolument savoir gérer son effort et sa respiration. A partir de 2000 mètres d’altitude, on rentre dans un phénomène d’hypoxie. L’hypoxie, c’est le fait de perdre en capacité d’oxygène de par l’altitude. Lorsque l’on exerce une activité physique en hypoxie, il est très important de ne pas réaliser de trop gros efforts s’il n’y a pas eu de période d’acclimatation auparavant.

Pour faire face à cela, il faut se préparer en amont avec des stages de montagne. Si vous n’avez pas la chance de pouvoir vous entraîner en montagne, vous pouvez également aller dans des centres sportifs qui proposent des acclimations à l’altitude. En plus de vous préparer à la haute montagne, cet entraînement permet d’augmenter la production de globules rouges dans le sang. Cela facilite le transport de l’oxygène et augmente donc les performances.

D’un point de vue entraînement, l’étape du tour propose un plan d’entrainement réalisé en collaboration avec la FFC. Il est très complet et propose du travail spécifique en bosse, de l’endurance fondamentale et de l’intensité longue. En fonction des semaines, la charge d’entraînement évolue pour atteindre un pic de forme au mois de juillet. Ce plan d’entrainement est super si vous n’avez pas de coach ou si c’est la première fois que vous réalisez ce type de course. Il permet de se préparer à de nombreuses heures de selle.

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Comment équiper son vélo et que prendre avec soi lors de la course ?

Une étape de montagne comme celle-ci impose d’avoir un vélo léger, qui passe les cols sans difficultés. Au niveau de la transmission, un 50/34 ou un 52/36 fait largement l’affaire. A l’arrière, pensez à avoir une casette avec assez de liberté pour que vous puissiez mouliner en cas de difficultés. Du 30 et même du 32 suffit !

Pour ce qui est des roues, il est conseillé de ne pas courir avec des jantes trop profilées. 30 à 40mm étant l’idéal, qu’elles soient en carbone ou en aluminium.

Enfin, pour l’équipement, la chaleur peut-être très importante un 10 juillet. Ainsi, il faut être très vigilant car malgré les fortes températures, les cols sont à plus de 2000 mètres. De la vallée aux sommets des cols, la température baisse drastiquement. On compte une différence jusqu’à 6.5 degrés perdus tous les 1000 mètres d’altitude. Pensez bien à prévoir un coupe vent et si possible, un sous-maillot.

Pensez au matériel nécessaire pour prévenir tout souci pendant la course. Munissez-vous d’une sacoche de selle avec des chambres à air et une pompe à main. De plus, un kit multi-outils sera très utile en cas de souci technique, même si l’assistance Shimano sera sur la course.

Cette année, le parcours de l’étape est très exigeant avec près de 5000 mètres de dénivelé. Afin d’arriver au bout, il faudra absolument gérer son effort et prendre le temps de s’hydrater de se nourrir correctement. Monter des cols mythiques comme ceux prévus reste gravé à vie. Ainsi, il faut profiter des spots exceptionnels et se faire plaisir . Attention toutefois à l’altitude qui peut créer des surprises ! En tout cas, nous vous souhaitons une bonne fin de préparation et surtout, rendez-vous le 10 juillet prochain à Briançon !

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