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Un Enduriste sur la Transvésubienne

S’il existe bien des courses mythiques dans le milieu du V.T.T ce sont bien celles proposées par l’organisation U.C.C. Qui n’a jamais entendu parlé des Avalanche Cups, Megavalanche ou Transvésubienne ? En cette année 2015 il s’agissait pour moi, modeste passionné de VTT que je suis, en guise de challenge du passage à la trentaine, de m’engager dans l’aventure épique de la 23eme Transvésubienne. Une course tant populaire et réputée de par sa difficulté (presque 100km pour 3500 mètres de dénivelé positif et 5000 mètres négatifs) et l’engagement …

S’il existe bien des courses mythiques dans le milieu du V.T.T ce sont bien celles proposées par l’organisation U.C.C. Qui n’a jamais entendu parlé des Avalanche Cups, Megavalanche ou Transvésubienne ? En cette année 2015 il s’agissait pour moi, modeste passionné de VTT que je suis, en guise de challenge du passage à la trentaine, de m’engager dans l’aventure épique de la 23eme Transvésubienne. Une course tant populaire et réputée de par sa difficulté (presque 100km pour 3500 mètres de dénivelé positif et 5000 mètres négatifs) et l’engagement qu’elle demande, semblait vraiment répondre d’une belle symbolique pour concrétiser mon besoin de challenge en cette année charnière. Voici donc en quelques lignes comment j’abordai de mon amateurisme, cette étape cruciale de mon an 2015.
 
La préparation commença donc dès l’hiver, car il était clair et d’avis général que cette course se doit de faire l’objet d’une certaine préparation, l’objectif fixé étant de passer la ligne d’arrivée sans finir à quatre pattes et en ayant pu profiter pleinement de la longue journée de vélo qui m’attendrait, peu importe le temps que j’y passerai… C’était pour moi aussi ma première expérience en Raid VTT, j’ai certes participé à bon nombre de courses d’enduro par le passé, mais ces formats sont différents en de nombreux points, et même si ces deux disciplines demandent un bon potentiel physique et un gros bagage technique, l’effort ne peut pas être géré similairement, et il n’est pas loin de pouvoir dire qu’une journée de Transvésubienne équivaudrait à un weekend de course d’enduro, en fatigue et en temps passé sur le vélo…
 
C’est donc armé de skis de fond que je commençais mon périple parti pour 6 mois d’endurcissement. Avec quelques conseils de mon entourage et des quelques personnes ayant déjà participé à l’épreuve, j’ai essayé comme j’ai pu de développer mon endurance. Le ski de fond tombait sous le sens pour développer le foncier. Le vélo de route aurait été une excellente option aussi (que tous les meilleurs de cette discipline pratiquent quasi quotidiennement) mais n’étant pas équipé de vélo de bitume, et ayant souhaité modeler un planning d’entrainement qui resterait plaisant, le ski de fond semblait la meilleure option, un sport des plus complets, très bon pour le cardio et tout aussi bon pour le développement musculaire ! L’hiver fut des plus frêles, je n’ai donc quasiment pas fait de trêve avec le vélo, même si en Haute-Savoie, nous sommes forcément pas les mieux lotis pour pratique notre sport de prédilection l’hiver….
 
Février pointait à peine son nez que Mars était déjà installé. La fonte prématurée des neiges me permit de reprendre régulièrement mon VTT, avec deux à trois sorties par semaine en essayant de varier les parcours, et de cumuler les 2000m de dénivelé hebdomadaire. Route, chemin, portage, tout y passe, jusqu’aux sorties à 3000m à la journée pour découvrir comment se comporte son métabolisme.
 
Le plus grand paradoxe finalement c’est de s’entrainer pour quelque chose que l’on ne connait pas! les chiffres sont là, certes, mais il peut y avoir tant d’imprévus, de changements, de problèmes sur 90km qu’il semble difficile de penser à toutes les situations. Niveau alimentation, rien de changé à l’habitude, je mange équilibré et ne me prive de rien. LE VTT reste un plaisir et le temps que je lui ai consacré ces derniers mois semblait pour moi une assez grande preuve de dévouement pour ne pas ajouter l’alimentation ou un changement de rythme de vie à cette liste.
 
La saison des compétitions commençait en avril, mais j’ai préféré rester sage et opter pour que la Transvésubienne soit la première échéance de l’année, éviter tout pépin physique ou mécanique qui compromettrait ce projet de longue date…Le mois de Mai est là, les sorties se font plus légères, on varie aussi les activités avec la reprise de la randonnée et de la via ferrata , d’autres moyens qui nous font apprécier la montagne avec un autre point de vue, mais toujours avec grand plaisir. On attaque la révision de la monture, elle non plus, ne devra pas faillir le Jour J, le premier point étant les roues et les pneus, sujet délicat et crucial pour cette course. L’équipe de Cycletyres me conseille le combo Continental Mountain King avant + X-King arrière, le tout Tubeless et doté de la technologie Protection, section 2.4 pour gagner en confort pour peu de poids en plus que les 2.2.
 
J-7 c’est le début de l’abstinence. Une dernière sortie avec un copain double Finisher qui me distille ses derniers conseils: surtout prendre du plaisir, se ménager et ne pas oublier de lever les yeux du guidon!
 
Les bagages sont prêts, tout est vérifié 2 fois, on part en direction de St Martin Vésubie, le samedi matin, 6h30 de route, c’est loin, mais la route est belle. Le stress est là, dur de s’en défaire, j’ai l’impression d’aller passer mon bac ! On arrive à bon port, après quelques pauses panoramiques, c’est beau les alpes du sud! Arrivée dans une ambiance humide à la Comiane pour récupérer son paquetage, avec un bonnet en guise de cadeau, signe prémonitoire? pourvu que non! Il a neigé pendant la semaine, mais le parcours devrait être propre, c’est une bonne info, George Edwards distille conseils et recommandations, et souligne à nouveau l’hostilité du milieu dans lequel nous évoluerons demain, dans lequel chaque erreur peut être fatale… comment ça le tensiomètre remonte d’un cran ? pas le moins du monde… reconnaissance rapide de la zone de départ qui parait elle aussi comme hostile, un bon vieux départ groupé s’enchainant sur quelques chicanes dans un champs d’herbes et de pierres, semble plutôt un bon programme pour un pépin rapide si on s’emballe…
 
Retour à l’appartement, plaque installée, dernières vérifications, il est 21h00, on avale un plat de pâtes, et dans 8h il faudra se lever. On se demande un peu tardivement quels ingrédients il faut avaler pour un matin de course de cette ampleur. Ayant peur de se tromper on restera sur un classique Muesli+ Pamplemousse + bananes.. tout est prêt, je me couche et le sommeil me laisse gamberger encore un peu avant de m’emporter… le doute d’arriver au bout est plus que présent, même avec mon entourage qui ne cesse de me rassurer sur mes capacités, c’est toujours cet inconnu qui m’inquiète. Allez on sera bientôt fixé pour de bon, à nous deux !
 
Dimanche 24, 5h00 le réveil sonne, branle-bas de combat, accompagné de ma sœur et ma chérie qui sont venues me soutenir pour cette épreuve (et profiter du déplacement pour aller faire un saut à la mer) on se rend rapidement sur le lieu du combat, La Colmiane, à 5h45 sous un ciel couvert mais pas menaçant pour autant, pour se mettre en place en grille. Les performers partent en trombe, dans un bourdonnement qui se soulève dans la vallée encore endormie, c’est grandiose ! Pendant que j’attends qu’on appelle mon numéro je me rends compte que cette épreuve semble attirer toute sorte de VTTistes, que ce soit du pur crosseux, randonneur occasionnel, ou enduriste, une grande variété de passionnés pas forcément par la même spécialité mais tous venus pour apprécier une grosse journée de Vélo de Montage. Après la mise en place ,le stress commence à tomber une fois parqué dans l’enclos, j’écoute les conversations et apparemment je ne suis pas seul à être quelque peu inquiet…
 
Le coup de départ est donné ! Le stress s’estompe immédiatement après les premières chicanes négociées, c’est parti pour la première montée d’une grande lignée… Ces premières montées commencent à étirer le peloton, les rythmes s’installent, je sais que je dois rouler sans m’emballer, que ce soit à la montée ou à la descente, mais j’essaie de remonter quelques places pour anticiper les éventuels bouchons qui pourraient se créer lors des premières descentes… La forme semble bonne, les jambes ont l’air décidées à tourner à l’infini, le moral se bonifie avec la prise de dénivelé et les premiers paysages s’offrent à nous, même s’il est difficile d’en apprécier la totalité, trop besoin d’être vigilant et de ne pas lâcher la roue avant des yeux… les pièges sont nombreux, et les cailloux glissants, le premières descentes après le premier ravitaillement (que je snoberai) depuis le col d’Andrion s’annoncent délicates et c’est le cas ! Beaucoup de bouchons ! Ca glisse et les collègues ne semblent pas apprécier la glisse offerte par ces conditions quelque peu humides… Même malgré une aisance encore limitée en pédales autos je réussi à faire mon chemin et remonte gentiment et poliment le groupe dans lequel je suis encore ancré…
 
Nous voilà maintenant partis vers le mythique Brec d’Utelle, et son portage vertigineux ! C’est magnifique, mais mes yeux sont rivés sur le sol pour assurer mes pas… s’ensuit une descente technique tout en cailloux, ou l’erreur est inter-dite, les passages vertigineux ne sont pas difficiles mais l’erreur est simplement proscrite … le rythme semble plutôt bon, sans s’emballer, ça déroule sans prise de risque. Je suis témoin de quelques mauvaises chutes de concurrents que je rattrape, je m’assure qu’ils sont ok et file dès que les cascadeurs sont hors de danger.
 
Second ravitaillement rallié, l’impression d’avoir déjà négocié un gros morceaux de difficulté, le fameux brec d’utelle est derrière moi et tous les témoins sont au vert, le vélo semble bien aller, et le bonhomme aussi, petit texto à mes suiveuses et je repars aussitôt le camelback rempli. Direction le Suquet, je prends les roues que je rattrape et les dépasse dès qu’il est possible de le faire correctement, mais doubler n’est pas toujours chose simple, heureusement que les participants sont fair play, tout comme nous le serons avec les VAE qui nous rattraperont rapidement en nous infligeant un certain coup au moral… on attaque une partie bien rythmée en montées/descente, arrivée plutôt rapide au Suquet. Le gros morceaux de la course se profile alors avec la montée au Col de Porte, à base de portages interminables, suivi d’une longue montée sur route puis piste pour finir par apprécier ce troisième ravitaillement qui sera pour moi un grand soulagement. Arrivé avec plus de 3 heures d’avance sur la porte horaire, je roule avec mon rythme de croisière…
 
Les descentes direction plan d’Ariou en passant par le Ferion, seront toutes deux d’une violence caillouteuse rarement vue! Moi qui croyait que la Transvé se jouait sur les montées, la vérité semble toute autre : Me voilà parti pour un enchaînement de descentes truffées de pièges en cascades, l’impression d’avoir les bras scotché à un sèche-linge! Dur de trouver des lignes fluides, on pense sans cesse à la crevaison et les collègues arrêtés sur le bas-côté avec la chambre à air à la main sont là en guise de post it ! J’arrive enfin à Pla d’Ariou, ravi de croiser le regard de ma petite amie et de ma sœur, qui s’étaient préparées pour la pause technique, mais je fais court car rien à déplorer sur le vélo, donc on papote vite fait et je remonte direction le Mont chauve. C’est la dernière montée, je découvre cela avec un grand soulage-ment, car je sens que la fin est proche et qu’il me reste encore pas mal de jus pour ne pas lâcher avant une dernière montée par route, puis un dernier portage et nous voilà parti dans la caillasse encore.. avec vue sur la mer, on ne se déconcentre pas pour autant, les pièges étant toujours aussi nombreux. Les promeneurs nous encouragent, ça donne du baume au cœur !
 
Après une bonne rasade de cailloux on termine par la jungle raide et rapide, un bon défouloir avant de rejoindre l’épreuve du paillon, le fameux et tant décrié cours d’eau, pas toujours très propre, qui nous mènera tant bien que mal à la promenade des Anglais, et là c’est le coup de grâce qui me fit flancher le moral: trop de difficultés pour avancer dans ces gros galets ronds , l’impression de pédaler dans la choucroute, ce sera un vrai calvaire jusqu’à apercevoir la ligne d’arrivée ….
 
Mais ça y est c’est fait, en 9h45 indique l’horloge, parfait je m’étais fixé 10h de vélo comme objectif, je fini écroulé par la dépressurisation mentale et physique . Grosse satisfaction d’avoir mené à bien ce projet, en ayant été épargné des problèmes techniques et des blessures !
 
Donc voilà je peux enfin donner mon avis sur la Transvésubienne, une course qui finalement n’est pas si exigeante dans les montées, (beaucoup moins que ce que j’avais imaginé en tout cas) et dont les descentes sont redoutables ! Ce sont elles qui vous esquintent, de par leur exposition, soit par leur pente, soit par leur technicité et leur hostilité !
 
Je garderai un très bon souvenir de cette journée, passée sous les meilleurs auspices qu’on puisse souhaiter et dans une ambiance des plus conviviales et un décor des plus grandioses, mais je ne promet pas d’y revenir, un peu de déception ça et la et puis beaucoup d’autres paysages à découvrir encore ! et d’autre challenges à relever !
 
 

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