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Première édition du Châtel Enduro sur le fil du rasoir

La semaine du 16 juillet se tenait au cœur des Portes du Soleil le Châtel Bike Festival, 1er du nom puisque l’évènement succède au Châtel Mountain Style, évènement majeur de Slopestyle au niveau mondial, qui laisse désormais sa place à plusieurs évènements pendant une semaine avec un programme bien rempli : concerts, démos, initiations, contest vidéo (fil rouge de la semaine avec la projection des œuvres des équipes prévues le samedi soir) et le Châtel Enduro. Ce dernier comportait un prologue urbain le vendredi soir, puis 2 journées …

La semaine du 16 juillet se tenait au cœur des Portes du Soleil le Châtel Bike Festival, 1er du nom puisque l’évènement succède au Châtel Mountain Style, évènement majeur de Slopestyle au niveau mondial, qui laisse désormais sa place à plusieurs évènements pendant une semaine avec un programme bien rempli : concerts, démos, initiations, contest vidéo (fil rouge de la semaine avec la projection des œuvres des équipes prévues le samedi soir) et le Châtel Enduro. Ce dernier comportait un prologue urbain le vendredi soir, puis 2 journées composées de 7 spéciales en tout sur le vaste domaine verdoyant de Chatel/Chapelle d’Abondance, le tout couronné par la présence de Mr Nicolas Vouilloz en rôle de parrain de l’évènement, ce qui devait en assurer la qualité.
 
Vendredi : Arrivés malheureusement trop tard pour disputer le prologue programmé à mon goût trop tôt (annoncé en semi nocturne et les derniers engagés étant passés à 19h30, cela laissait un peu de marge avant le noir complet) on retire directement nos plaques pour le lendemain, laissant au hasard l’ordre des départs qui nous régira, et on apprend au passage que nous serons un petit comité puisque le nombre d’inscrit se chiffre seulement a 65 personnes. On s’attarde un peu en ville, on rentre au bercail préparer les vélos et reposer les bonshommes avant les hostilités.
 
Samedi : levés sous un ciel radieux, on se dirige ravis en direction de la première spéciale, dont la liaison se fera moitié en télécabine et l’autre à la force de la pédale, ce qui tombe bien pour échauffer les machines avant de se lancer corps et âmes à l’assaut de ces sentiers inconnus envers et contre tout chronomètre ! La chaleur est déjà installée, on sent déjà l’air qui nous manque à 8h30. Ca va mouiller le maillot c’est certain, l’organisation se met en place, et le parrain s’élance sur la première spéciale : un début des plus rapides, puisque on part tête baissé sur une piste 4×4 descendante et piégeuse, où bon nombre de compétiteurs crèveront tant la vitesse est soutenue et les cailloux saillants ; on franchit une côte courte mais cassant bien le rythme donné et on repart dans quelques enfilades sur piste avant de la quitter pour du vrai chemin monotrace assez technique aux premiers abords : gros dévers dans les racines, puis on gagne le plat où le chemin se fait très étroit et caillouteux. On retombe sur une montée en piste avant de plonger pour de bon sur le cœur de la spéciale : un chemin composés de lignes droites rapides tantôt cassantes tantôt roulantes rythmées par une douzaine d’épingles plutôt larges. On trouve une bonne remontée durant la descente, histoire de pouvoir relâcher un peu l’attention, puis on franchit un muret à pieds, dernière descente dans le gazon et c’est l’arrivée !
 
Malheureusement et comme bon nombre de concurrents, je suis victime de crevaison, et décide de ne pas réparer sentant que la spéciale ne serait pas des plus longue. Au final j’obtiens le 30ème temps donc ma stratégie était plutôt bonne.
 
Direction la seconde spéciale, on retourne se faire aider d’un télécabine pour la montée, malheureusement nous sommes plusieurs à passer à côté du premier ravitaillement un peu trop bien caché au milieu des tentes d’une organisation voisine… dommage mais on devrait survivre.
 
Démontage des roues avant pour tout le monde, puisque la télécabine n’est pas faite pour accueillir les vélos, on s’attend donc à découvrir un chemin inédit ! On se réjouit d’avance pendant qu’on gagne le départ de la liaison après une bonne vingtaine de minute sur la route au degré de pente plutôt généreux. Cette seconde spéciale part dans une belle forêt, un chemin en balcon assez rectiligne qui nous fait prendre beaucoup de vitesse, les changements de caps sont assez timides et tout à coup : un tronc d’arbre gisant là au milieu ! Personne ne nous avait prévenu, c’est un peu la panique ! Et si je m’étais planté de chemin en ayant raté un fléchage ? Je passe le tronc et remonte sur le vélo, je me fais confiance et verrais bien si je ne revois pas de balisage d’ici 5 minutes … on repart sur un rythme bien soutenu, dans les racines et cailloux et croise enfin quelques balises jaunes, ouf je suis rassuré et reprend le cap sereinement. On sort de la forêt, et oh comme un sentiment de déjà vu : un chemin 4×4 caillouteux doté de quelque virages dont les trajectoires me semblaient familières… on est sur la première spéciale ! Donc même joueur joue encore… un peu déçu mais on y va quand même en ménageant un peu mieux la monture afin d’arriver en bas avec les pneus encore remplis d’air. Je relance plus, j’ai du temps à gagner ! Je rattrape quelques un de mes rivaux au fil de la descente, les dépassements se faisant avec courtoisie et facilité. Arrivé en bas, un bon run de claqué, je fais le 15ème temps.
 
Direction maintenant la 3ème spéciale, pas d’assistance pour les remontées cette fois ci, tout à la force du mollet pendant 45 minutes de route et de sous-bois des plus agréables. Le temps se maintient mais le soleil se planque derrière la grisaille du ciel.
 
On arrive enfin au départ programmé, tous entassés sur un single track des plus étroits en balcon, laissant peu de place pour stocker les vélos et les hommes. Disciplinés et malins comme nous sommes, on se range dans l’ordre de départ pour ne pas avoir trop de complications avant le départ.
Cette troisième spéciale fera beaucoup de mal à la course : vraiment une curiosité qui n’a pas ravi grand monde… trop étroite, trop technique, trop plate, trop montante, trop dangereuse par l’exposition et la partie en descente trop courte. La spéciale ressemblait plus à une course de XC marathon que enduro… très difficile à rouler en vitesse puisque malgré l’intérêt de la piste celle si se montre très physique avec beaucoup de montées techniques, se finit en portage et ne laisse place qu’a très peu de partie descendante et encore moins de parties ludiques. La plus amusante pour moi commençait à se profiler quand on me crie que l’arrivée est dans 200m… j’obtiens tout de même le 13ème temps, les dépassements étant rendus très difficiles par l’étroitesse du single, le temps perdu était parfois conséquent.
 
On entame une liaison descendante pour rejoindre le gros ravitaillement de midi, à se demander pourquoi monter autant pour une si courte spéciale succédant à une liaison descendante avec autant de dénivelé négatif… curieux je vous le dis.
 
On se rend au ravito, jumelé avec l’évènement Burning Mountain festival, un rassemblement de motards ou l’on a droit à une belle démo de stunt et on nous promet du FMX pour le soir ! Intéressant comme programme ! On se ravitaille d’une bonne assiette crudité-jambon-fromage et on prend la route pour se rendre à la dernière spéciale de la journée. Partant de la Chapelle d’Abondance on retourne à notre point de départ : la télécabine de Super Châtel par une liaison encore physique, surtout la dernière remontée jusqu’à la gare de télécabine… Heureusement la spéciale part juste à la sortie de la cabine, ouf !
 
Un long moment d’attente commence donc, on ne sait pas trop pour quelle raison, mais il y aurait eu un changement de dernière minute dans le tracé, forçant l’équipe de Razorbike à improviser un tracé de secours. Départ SP4 : court chemin 4×4, virage en catastrophe pour finalement s’apercevoir qu’on reprend le chemin de liaison, ce chouette single vallon à travers pâturages et forêts, puis changement de cap, re-misère de chemin 4×4 en-caillouté puis premier gros pétards en montée, la douleur se fait sentir : je suis vidé, plus de jus dans les guibolles, je dépasse tout de même mon prédécesseur, qui se trouve être devant moi au classement, petite motivation donc, on rebascule dans le négatif pour un court instant avant de subir la deuxième montée qui se fera à pied, trop raide, tout comme moi ! Heureusement quelques bénévoles sont là pour nous motiver en donnant de la voix lors de nos passages ! On rebascule enfin du bon côté de la pente, dans un festival de racines/cailloux : un enchainement bien technique mais l’improvisation sur le vélo n’est pas mauvaise ! Pas d’erreur de trajectoire majeure, on termine par une ancienne piste de dual abandonnée, donc dur à rouler à vue dans les herbes d’un mètre de haut, presque dangereux même. Grand final dans les escaliers et finito ! On crache tous nos poumons, exténués par cette dernière douloureuse manche !
 
Fin des hostilités pour cette première journée, on quitte notre tenue de compétiteur pour retrouver la tenue de civil, direction la place centrale pour admirer les edits que les grosses pointures du freeride nous on pondus après une semaine à éreinter « The Face » Et gros spectacle au programme ! Halluciné de voir les hauteurs et les longueurs que se mettent ces pilotes ! Avec le style qui va avec c’est vraiment impressionnant !
 

Enduro Châtel 2014 par Lowick-74
 
Après un petit casse-croute bien apprécié on se dirige au Burning Mountain Festival, pour clôturer la soirée entourés de charmants motards enjoués par les ronronnements de leurs moteurs et des concerts live qui se passent sur les scènes du festival .
 
Dimanche matin : Levé sous un ciel mitigé, du bleu mais du gris menaçant nous encercle, comme souvent à châtel le temps peut changer radicalement en un rien de temps ! Le dilemme de la journée est donc de savoir comment s’habiller : pas trop chaudement pour ne pas étouffer lors des spéciales, pas trop découvert pour ne pas s’enrhumer lors de l’attente entre les manches et surtout prévoir le nécessaire pour ne pas finir tremper en cas de scénario plus pessimiste…
 
Rendez-vous sur la place pour prendre le bus qui nous amène à Pré la Joux, sur le bike park… Il nous a été communiqué que suite aux aléas météorologiques, les spéciales seraient remaniées pour ne mettre personne en péril… On finit donc « parkés » sur le bike park pour les deux premières spéciales, qui sera seulement un mélange de 3 pistes du bike park que nous aurons à courir deux fois… sous une pluie battante et un vent à décorner les bœufs ! L’attente pour la mise en place se fait longue ! Heureusement les pisteurs nous ont accueilli dans leur cabane pour nous éviter l’hypothermie, c’est que ça souffle fort ici ! Le start est donné, on s’élance goutte à goutte au départ, sur une spéciale 100 % artificielle, mais la présence de la boue rend la piste plus fun à rouler, et c’est de bon cœur qu’on lâche les freins dans les gros relevés, en relançant autant que possible sur les 2 remontées de piste 4*4, plutôt bien dosées au niveau de la longueur et du dénivelé, on y va de bon cœur sur les pédales !
 
Bonne rigolade sur ces 2 spéciales, même si on ne ressemble plus à grand-chose et pas mieux pour les vélos ! Au pied de la spéciale on se ravitaille, nettoyage des vélos de fortune dans le bassin et les toilettes ont pris allure de salle d’attente, l’organisation étant partie baliser la dernière spéciale de la journée… On s’impatiente et tout le monde aimerait bien passer sous le karcher et enfiler des socquettes sèches. Au passage on encourage les collègues cyclistes partis pour la montée chronométrée de Bassachaux, une image sympa des pilotes de vélo maigre encouragés par ces rustres de VTTistes que nous sommes.
 
Une bonne demi-heure après on met le cap sur la dernière spéciale, via une petite liaison de 15 min. Tout le monde se range et on encape la dernière et probablement la pire spéciale du weekend… Une piste large composée de cailloux/racines forcément humide avec un profil quasiment à plat et ponctuée de faux plats descendants ne durant jamais très longtemps. Toute en relance, cette spéciale se fait aussi douloureuse que la 3ème du samedi… Niveau d’amusement proche du niveau de la mer, on franchit l’arrivée et abrégeons rapidement en rejoignant le centre-ville pour se venger sur le repas de clôture… On déguste un excellent repas chaud, même si les grillades auraient été plus savoureuses sous un beau soleil, on apprécie le menu.
 
Les résultats finaux tombent, je termine classé 12ème en ayant roulé sans trop de motivation le dimanche, un peu déçu des tracés, le cœur n’y était plus vraiment… Beaucoup auront un sentiment d’amertume après ces deux jours à rouler dans une vallée truffées de chemins magiques et n’ayant pu rouler qu’une infime partie de ceux-ci… On garde en tête que c’était la première fois et que certaines se passent mieux que d’autres, on espère revenir l’an prochain avec un programme aux petits oignons de la part de la Razorbike. Le concept était des plus alléchant en mêlant les disciplines, reste à travailler la qualité des spéciales pour obtenir la bénédiction
 
 

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